Musique
«Depardieu, le feu le plus pur.» — Jean-Paul Scarpitta

Celui que la dame en noir avait surnommé « l’amant à mille bras » reprend, tout en sobriété, les plus grands succès de Barbara. Fervent admirateur de l’interprète de « L’Aigle noir », Gérard Depardieu s’était produit sur scène avec elle en 1986 dans le conte musical « Lily Passion ». Aujourd’hui, il porte à la scène ses plus belles chansons dans « Gérard Depardieu chante Barbara », un spectacle salué par la critique et acclamé par le public.

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Gérard Depardieu entre en scène.
Une lumière dessine dans la pénombre son imposante silhouette majestueuse
qui se dirige à l’avant-scène, vers le public.
Cet accomplissement est bien trop doux pour qu’il se permette de le faire
cesser immédiatement.
Comme s’il se délectait de l’immensité de la joie qui l’attend à chanter sa
Barbara.
Une joie qui ne connaît aucun obstacle.
Il prononce le premier mot, s’abat sur la première note et fait un signe discret
au pianiste, Gérard Daguerre.
Le son du piano retentit.
Il est métamorphosé instantanément.
Les yeux fermés, son visage se colore.
Les prompteurs peuvent très bien ne pas se trouver devant lui,
il connaît par cœur le volume entier de chacune des chansons.
Ces poèmes ne vivent pas dans sa tête mais dans son âme baignée par le
flot des mots et des notes.


Mais aussi dans sa voix inoubliable, vivante, savante, bien plus consciente,
plus nette dans ses attaques, plus riche dans ses sonorités, plus attentive
aux temps et aux silences, plus marquée dans les changements de ton, que
les voix ordinairement prêtées aux chansons d’aujourd’hui.
Il nous fait nous immerger dans l’art de Barbara.
Voluptueusement incliné sur le côté, son corps oscille dans la délectation de
certaines modulations.
Il est le chef d’orchestre absolu du Concert.

 

Quelquefois, il s’arrête brusquement sur l’écho d’un mot, d’une note.
Il ouvre les yeux et, comme s’il cherchait un secret, il nous interpelle.
Il éprouve une émotion si profonde à écouter ce silence pur avec nous.
Il revient à lui, chante encore, plus rapidement, plus lentement, avec plus
de force, ensuite plus délicatement, et laisse résonner les paroles … le do
musical de la partition … indéfiniment.
Il chante toujours le cœur battant, enfiévré par la passion.
Miracle insoluble qu’il crée devant nous. Miracle qui plane lentement dans
l’air.
Les mots s’évanouissent doucement mais résonnent en nous.
Ils sont le souffle de Gérard Depardieu fait de préludes et de fugues.
Un souffle empli de son génie mystérieux qui ne se lasse jamais de cette
merveille toujours nouvelle et mystérieuse de la poésie.
Il sait que la poésie n’est pas la musique, encore moins le discours.
Délicatesse de l’ambigu.
Gérard Depardieu fait chanter la poésie plus qu’elle ne chante.
Avec lui, la poésie sonne haut, parle plus net, hante les sommets des
montagnes, les abîmes de la voix, communique une vertu musicale à
l’expression de toutes les pensées.

 

La plainte douce et sombre de tous les mots qu’il honore tant n’a-t-elle pas
emplit son cœur d’un chagrin merveilleux, lucide, tout au long de sa carrière ?
Tandis qu’en chantant, sa main droite laisse la mélodie à la gauche, son buste,
dans une lumière oblique, fléchit en balançant tantôt d’un côté du piano, tantôt
de l’autre.
Au crescendo, il serre les dents, pris d’envie de mordre l’injustice du monde.
Quand il arrive au tremolo d’une note du clavier, c’est tout son corps qui
frissonne de délice.
Se laissant emporter par une nouvelle ardeur, il poursuit le nouveau
mouvement de la chanson.
Au pianissimo, il appuie sur la voix avec une précaution extraordinaire, libéré.
De ses mains, il continue de jouer l’accompagnement avec des pulsations
précises et les ornements suppliants de la plainte avec une ferveur si émue et
heureuse que subitement il doit lever les bras vers le ciel grand en dissimulant
son visage au passage comme pour essuyer des larmes.
Gérard Depardieu reste toujours en mesure en se réjouissant secrètement de
la chanson qu’il chante.
Il les aime de tout son cœur ces chansons.
À chaque fois qu’il se remet à chanter son visage inlassablement se modèle
sur le sourire gracieux et mélancolique de la phrase musicale.
Un musicien d’exception.
Le visage grave, plein de dignité il invente lui-même la musique, celle des mots
aussi.
Dans son âme bouleversante et bouleversée, avec une obstination secrète, il
renouvelle sans cesse son art indicible,
nous réchauffe pour longtemps et magnifie notre imagination.

 

Jean-Paul Scarpitta

Biographie

Gérard Depardieu a été révélé en 1974 par le film Les Valseuses, de Bertrand Blier, il est depuis l’un des comédiens les plus actifs et l’acteur par excellence du cinéma français. Outre son métier d’acteur, il est producteur de cinéma et de théâtre, viticulteur, à ses heures. Il a par ailleurs réalisé des films dont Le Tartuffe de Molière en 1984.

 

Gérard Depardieu a tourné avec les plus grands cinéastes français comme François Truffaut et Maurice Pialat ainsi que dans des films hollywoodiens. Il figure dans plus de 200 films.

 

Vient plus tard la période des grands réalisateurs italiens: Bernardo Bertolucci l’engage dans sa fresque historique 1900, où il partage la vedette avec Robert De Niro, et Marco Ferreri le dirige dans Rêve de singe et La Dernière Femme, film provoquant dans lequel son personnage s’émascule avec un couteau électrique. Depardieu impressionne pour son aisance à changer d’univers. Il tourne en effet dans des films aussi différents que Le Camion (1977) de Marguerite Duras, Barocco (1977) d’André Téchiné, La Femme gauchère (1978) de Peter Handke.

Tout en restant fidèle à Bertrand Blier (Tenue de soirée, Trop belle pour toi), Depardieu élargit son répertoire auprès d’autres grands noms du cinéma d’auteur français, en refusant de s’enfermer dans un genre ou un personnage précis :

 

– Maurice Pialat le fait tourner dans quatre films, dont les très remarqués Police qui lui vaut un prix d’interprétation à la Mostra de Venise 1985 et Sous le Soleil de Satan, récompensé par la Palme d’or au Festival de Cannes 1987.

– Alain Resnais lui confie le rôle de l’un des « cobayes » dans Mon oncle d’Amérique.

– François Truffaut lui propose à la même époque des rôles d’amoureux passionné : La Femme d’à côté, aux côtés de Fanny Ardant et auparavant Le Dernier Métro avec Catherine Deneuve, succès commercial qui lui vaut le César du meilleur acteur.

– En 1981, il est choisi par John Travolta pour être sa voix française dans Blow Out, réalisé par Brian De Palma.

 

On le retrouve également dans des films en costumes, où il incarne plusieurs personnages historiques ou issus de la littérature française:

– Le Retour de Martin Guerre de Daniel Vigne (1982), qui lui donne sans doute un certain goût pour ce type de rôle;

– Danton d’Andrzej Wajda (1982), dans lequel il endosse le rôle-titre du célèbre Jacobin opposé à Robespierre;

– Jean de Florette (1986) de Claude Berri;

– Camille Claudel (1988) de Bruno Nuytten dans le rôle de Rodin;

– Cyrano de Bergerac (1990) de Jean-Paul Rappeneau où son interprétation incomparable et pleine d’allant du célèbre personnage de la pièce d’Edmond Rostand lui vaut un nouveau César, une Palme d’Or à Cannes et une nomination à l’Oscar du meilleur acteur, ainsi qu’une critique et un public conquis;

– Tous les matins du monde (1991) d’Alain Corneau. Il joue le rôle de Marin Marais aux côtés de son fils Guillaume Depardieu;

– 1492 : Christophe Colomb de Ridley Scott (1992);

– Vatel (2000), de Roland Joffé, dans le rôle de François Vatel, intendant et maître d’hôtel du Grand Condé.

 

Dans les années 1990, après notamment le succès de Cyrano de Bergerac, sa notoriété s’étend et le cinéma américain lui propose des premiers rôles comme dans Green Card de Peter Weir avec Andie MacDowell (1990). Sa prestation lui vaut le Golden Globe du meilleur acteur de comédie.

 

Il multiplie également les succès publics dans des films à vocation populaire comme Obélix dans Astérix et Obélix contre César

 

Il interprète Le Comte de Monte-Cristo, Balzac et Les Misérables dans lequel il incarne Jean Valjean et bien d’autres personnages de légende.

 

Dans le film Welcome to New York d’Abel Ferrara, il incarne à l’écran Dominique Strauss-Kahn, l’ancien directeur général du FMI.

 

Gérard Depardieu a eu, parmi tant d’autres, un grand succès en Sélection Officielle au Festival de Cannes avec The Valley of Love de Guillaume Nicloux aux côtés d’Isabelle Huppert (film tourné dans La Vallée de la Mort, Névada).

 

D’autre part, il éprouve une immense admiration pour Saint Augustin. Il a rencontré le Pape Jean-Paul II lors du jubilé de l’an 2000 au moment même où l’évêque d’Hippone fut évoqué. Le Pape et le Cardinal Poupard lui ont alors suggéré de réaliser un film sur cet homme. Le 11 février 2003, Gérard Depardieu donne une première lecture publique des Confessions de Saint Augustin à la Cathédrale Notre-Dame de Paris qu’il donnera en suivant dans le monde entier des années durant (la dernière fois à Genève en 2018).

 

Gérard Depardieu est autant un passionné de littérature que de musique. Il a souvent collaboré avec Le Maestro Riccardo Muti (Lélio de Berlioz et Ivan le Terrible de Prokofiev) et participé en tant que récitant à des opéras, mis en scène par Jean-Paul Scarpitta, comme Hàry Jànos de Kodaly et Oedipus Rex de Strasvinsky (texte Jean Cocteau).

 

Fin 2016, il crée le concert Gérard Depardieu Chante Barbara à Paris aux Bouffes du Nord puis au Cirque d’Hiver qui, depuis, tourne à travers l’Europe avec un immense succès.